Premier vol VFR

Publié le par Jean-Philippe JUVIGNY

Voilà le début de l'histoire,

Pour mon anniversaire, ma Chère et Tendre Epouse, m'ayant soudoyé quelques informations capitales quelques mois auparavant, m'a offert les premières heures de vol pour passer la licence de pilote privé (PPL).
En fait, un rève d'enfant, une passion de toujours, largement affectée par un terrible accident de ski. Ce dernier a eu pour consséquence de compromettre fortement la possibilité d'obtenir ma licence. Mais rien n'est encore perdu, et j'ai toujours un petit espoir d'être autorisé à passer la PPL.

Voilà, pour la petite histoire et le préambule.

Début de l'aventure :

Vol Programmé le 31/05/2006 - 17:00

Pour ce premier vol programmé pour le 31 mai 2006 à 17 heures, je me débrouille pour pouvoir sortir du boulot un peu avant (je ne travaille qu'à quelques centaines de mètres de l'aérodrome).

Beau temps, mais de fortes rafales de vents, secteur Ouest Nord Ouest. Je commence à me dire que ca va secouer dans l'avion. Mais 30 minutes avant le décollage, coup de téléphone de Phill (mon instructeur), qui me dit que le vent souffle à 20 noeuds(37 km/h) avec raffales à 35 (65 km/h). Pas vraiment évident pour un premier vol. Pour Phill, qui apparement aime laisser les commandes à l'EP (élève pilote), il vaut mieux repousser ce premier vol. L'humilité me semble un comportement sage dans cette discipline. Rendez-vous est donc pris pour le samedi 3 juin à 17 heures.

Vol Programmé le 03/03/2006 - 18:00

Super, je me lève ce matin avec en point de mire le rendez-vous de 18 heures à l'aérodrome. La journée passe et je m'efforce de ne pas trop y penser afin de rester calme et serein. Souvenez-vous, le jour où vous alliez prendre le volant pour la première fois avec un moniteur. Hé bien là c'est un peu pareil, vous savez ce que vous allez faire, mais vous n'avez aucune idée de comment cela va se passer.
Enfin 16 heures arrivent, plus que deux heures. Je dis à ma fille de 12 ans de se préparer, elle accepte sans commentaires. La pauvre, elle était sagement assise devant son ordinateur et ne demandait rien à personne. Mais bon, j'arrive à tenir jusqu'à 17 heures, et là je prends la décision de partir. Tout au plus un gros quart d'heure de route entre la maison et l'aéroport. Mais bon je ne tien plus.
On monte dans la voiture, et je prends le chemin le plus long et le moins rapide (par le centre ville).
Je ne veux pas le montrer, mais la pression monte. Les premières questions fusent dans ma tête. J'essais de ne pas y penser. La dernière avenue, le dernier rond point, on traverse le circuit (fermée) et nous voilà devant les hangars de l'aéroclub.
17:30, hummm, un peu en avance la gars, mais bon, c'est comme ça, quand on réalise ce genre de rève ...

On rentre dans les bureaux de l'aéroclub, personne. Normal, soit ils sont en vol, soit comme je le découvrirais quelques minutes plus tard, 5 ou 6 personnes s'affairent sur la construction d'un petit avion, surement un ULM, d'après ce que j'ai vu. Mais ne connaissant pas encore les us et coutumes de ces amoureux du ciel, je préfère observer de loin. Et puis il y a tout un tas d'appareils à observer au sol.

17 h 50, un appreil approche, phase finale de vol, de loin on dirait un Robin DR 400, rouge et blanc, le xray-quebec (comme ils disent)- Phill est à la place de droite (celle de l'instructeur). Mon coeur commence à battre la chamade, ca  y est, plus que quelques minutes et c'est à moi. Il va falloir assurer, surtout que je n'ai pas la moindre idée de ce qui va se passer. A part bien sur monter dans l'avion et s'envoler !!!

Phill arrive, joigneux, décontracté, derrière sa moustache ,sa casquette et ses lunettes de soleil. Petit regard amical, réconfortant. Ca va encore à peu près. Il revient après 5 minutes, 18h00, voilà, c'est à moi.
Direction le Roméo-Yankee, un Robin DR400-120, il m'indique de prendre la place de gauche en me tendant le casque. Pour monter, une petite zone de 30 cm de large juste au début de l'aile, une petite poignée et hop, me voilà installé dans l'appareil. Mais pas en position de passager (appelé dans le jargon "sac de sable") mais celle d' élève pilote, devant, avec les instruments de bord, le manche, les palonniers, pleins de commutateurs. Mais cela sera pour une prochaine fois.
Ca y est je balise, je fouette, j'ai les pétoches, je ne peux plus faire marche arrière.

Phill s'équipe, effectue la check liste de démarrage, lance le moteur et effectue les vérifications de décollage. La vérière est refermée, et là Phill m'annonce le programme de ce premier vol: "bon voilà, Jean Philippe, c'est ton premier vol, tu vas donc apprendre à piloter." Jusque là, rien de bien nouveau, je suis venu pour cela après tout. Il continue : "je vais emmener l'avion jusqu'à la zone de décollage, et puis ce sera à toi de faire décoller l'avion".
Là grand blanc dans ma tête, je doit rire ou pleurer de peur!
Non je vais rester digne, ne pas montrer que cette annonce faite sur le ton calme et chaud des pilotes me fait l'effet d'un cocktail rhum/ananas/citron bu bien trop vite. Petit sourire en coin, un "ha bon, ben pas de problème" qui je croyais désinvolte (du genre "hé même pas peur") mais qui n'a pas du tromper mon instructeur, et nous voilà roulant vers la piste,. Virage à gauche, petit droit pour rejoindre la zone de décollage, demi-tour, et me voilà au pied du mur. Phill me donne les principales données pour le décollage, gaz à fond, vitesse mini 100 km/h, tu pousses au début vers l'avant puis à partir de 100 km/h tu tire gentiment vers l'arrière, puis tu vise au loin et tu dois garder la cimes des arbres à 1 cm au dessus du tableau de bord.
Fastoche quoi, je l'ai fait cent fois sur Flight Simulator 2002. Sauf que là y a pas les vrais arbres, le vrai vent de travers (20/30 km/h), la vrai piste, le vrai avion et surtout t'as pas droit à l'erreur.

Donc je m'execute, vide ma tête du peu que je crois savoir, et enfonce la manette des gaz. Au début ca roule gentil, accélération, soubressauts de l'avion sur les inégalités de la piste,la voix de Phill dans le casque me dit "100 km/h", je tire le manche gentillement vers l'arrière, 1 seconde, petite secousse dans le bas du dos puis la sensation de s'enfoncer dans le siège. Ca y est, le train a quitté le sol. Et là, tout se déchaine, l'avion est balloté de gauche à droite, les turbulences nous envoient un peu là où elles veulent, il faut se battre avec le manche pour compenser les dérives de l'appareil. Je ne sais pas trop où regrader. Si !!! la cime des arbres au dessus du tableau de bord. Mince mais où est elle, je me redresse un peu, ha les voilà, mais j'ai trop cabré le nez, je pousse le manche vers l'avant, oui c'est bon je les vois. Mais on est toujours secoué dans la cabine. Je n'ose pas imaginer ce que cela aurait pu être 3 jours avant avec le triple de vent!
Phill me dit :"1 000 pieds(fts) (300 m), tu gardes le cap et tu montes à 2 000 fts (600 m)". Je m'exécute, tire sur le manche un peu plus. 1800,1900, 2000 fts, ca  y est j'y suis.

Phill m'explique alors le réglage de la compensation. En gros quand tu es en palier (vol horizontal, même altitude, même vitesse) cette molette permet de régler les commandes pour que l'avion garde cette vitesse et cette altitude tout seul. Tu peux lacher le manche, il ne monte ni ne descend, quand tu laches le manche, il essaiera de garder ces paramètres. Si je ne le règle pas je devrais forcer pour contrer la volonté de l'avion à descendre ou monter.
Ensuite, une fois cela effectué, Phill me fait effectuer une série de virages à droite et à gauche, afin que je puisse me rendre compte que je ne me déplace plus en deux mais en trois dimensions. Que les repères et les sensations sont différentes, et que comme en moto, l'avion va là où tu regardes.
Ensuite, il me demande de faire un virage avec l'angle que je souhaite. Bilan 20° d'angle, je pensais que c'était beaucoup, mais non, un angle moyen avec cet appareil est de 35°, c'est inquiétant au début, mais on s'y fait très vite, c'a devient même un plaisir .
Voilà 20 minutes que j'effectue les manoeuvres de base, quand Phill dit : "Bon, il va falloir rentrer, tu vois la piste ?", je cherche, scrute l'horizon, rien, si ...un petit trait d'environ 1/2 cm au loin, pas tout à fait dans l'axe de l'avion. Je me dis que lorsque l'on ne connais pas un aérodrome il ne doit pas être évident de repérer un piste. Phill reprend :
-bon tu mets l'avion dans l'axe et tu le poses !
-?!? heu, poser les roues et tout ????
-je m'occupe de le mettre en configuration d'atterrissage et tu t'occupes du reste !
Il me laisse faire, j'essais d'appliquer tout ce que j'ai vu depuis 20 minutes, et vise du regard la piste, laisse l'avion se mettre en travers pour contrer le vent (de trois quart avant), et maintient mon cap. La piste se rapproche, Phill sort les volets, reduit les gaz, l'avion freine. Je maintient fermement le manche. Plus on descent et plus l'avion s'agite, le turbulences se font plus fortes, j'ai un peu de mal à garder l'avion dans l'axe. Petit coup de main de Phill, léger, mais il est bienvenu, je regarde le peignes, puis les marques, ces sont ces dernières que je dois viser. Je m'efforce de maintenir l'assiette et le cap. Petit coup d'oeil à l'altimètre, je vois mais une turbulence ramène mon regard sur la piste, on ne doit pas être loin du sol. Encore quelques mètres, top ! les roues ont touché la piste.

Ca y est, premier atterrissage aux commandes.
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Publié dans Aviation

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E
T'es pilote maintenant ??? ;-)
Répondre
J
<br /> Ben oui, et en plus complètement accro, c'est vraiment sympa de voler et de s'aérer les neurones aprsè le boulot.<br /> <br /> <br />